Développement

CRM et logiciel métier pour TPE : quand un outil sur mesure vaut mieux qu'un abonnement

CRM pour TPE : abonnement ou logiciel métier sur mesure ? Les cas où le SaaS suffit, les signaux qui justifient le sur-mesure, un comparatif de coût sur 5 ans.

Par l'équipe Agora Studio
CRM et logiciel métier pour TPE : quand un outil sur mesure vaut mieux qu'un abonnement

Pour une TPE, un CRM par abonnement est le bon choix tant que le besoin est standard : suivre des contacts, des devis, des relances. Le sur-mesure devient pertinent quand l’outil doit coller à un processus que les logiciels du marché ne connaissent pas, quand trois abonnements et un fichier Excel se partagent les mêmes données, ou quand le coût cumulé des licences dépasse celui d’un développement. Sur cinq ans, à partir de cinq ou six utilisateurs et de besoins d’adaptation réels, le calcul bascule souvent. Voici comment le faire pour votre entreprise.

Ce qu’un CRM par abonnement fait bien

Les CRM en ligne (HubSpot, Pipedrive, Sellsy, Axonaut, Zoho, pour citer les plus répandus auprès des petites structures) couvrent un besoin commun à des milliers d’entreprises : une fiche par contact, un pipeline de vente, des devis et factures, des rappels, un tableau de bord. Pour ce périmètre, ils sont difficiles à battre.

  • Mise en route en quelques jours, sans développement.
  • Coût d’entrée faible : de 0 à 60 € par utilisateur et par mois selon le niveau.
  • Mises à jour, sécurité et hébergement pris en charge.
  • Intégrations prêtes avec la messagerie, l’agenda, les outils de facturation.

Si votre activité est une activité de vente classique (prospection, devis, signature, facturation) et que le CRM n’a rien à savoir de particulier sur votre métier, prenez un abonnement et concentrez-vous sur son usage réel par l’équipe. La question du sur-mesure ne se pose pas.

Les signaux qui font basculer vers le sur-mesure

Le sur-mesure ne se justifie pas par un goût pour la technique. Il se justifie par des symptômes précis, que nous retrouvons chez la plupart des TPE qui viennent nous voir.

Le métier ne rentre pas dans les cases

Un CRM du marché connaît des contacts, des opportunités, des produits. Il ne connaît pas un chantier avec ses lots et ses sous-traitants, un dossier de formation avec ses financeurs, une location avec ses états des lieux, une production avec ses lots et ses contrôles. Vous détournez alors des champs, créez des objets personnalisés, et chaque évolution du métier demande un nouveau bricolage. Au bout d’un an, personne ne sait plus ce que veut dire le champ « Statut 3 ».

Les données vivent dans plusieurs outils

Le CRM pour les clients, un logiciel de devis, un outil de planning, une feuille de calcul pour le suivi de production, un autre pour les relances. Chaque outil est bon dans son coin ; l’ensemble oblige à ressaisir, et les erreurs viennent des ressaisies. Notre article sur la centralisation des processus métiers dans une application web décrit ce cas.

Excel est devenu l’outil principal

Le fichier partagé qui pèse 40 Mo, que deux personnes ne peuvent pas ouvrir en même temps, avec des formules que seul l’ancien comptable comprenait : c’est le signal le plus fréquent. Nous avons détaillé le passage d’un fichier à une application dans créer une application métier à partir d’un fichier Excel.

Le coût des licences monte avec l’équipe

À trois utilisateurs, un abonnement à 40 € par mois coûte 1 440 € par an. À douze utilisateurs, avec le niveau supérieur imposé par une fonctionnalité dont vous avez besoin, on passe à 10 000 € par an. Et vous ne possédez rien.

L’automatisation bute sur les limites de l’outil

Vous voulez qu’un devis signé déclenche la commande fournisseur, la planification et l’e-mail au client. L’outil le permet, avec un module payant, et une exception que vous ne pouvez pas gérer. Les tâches répétitives à automatiser sont souvent celles que le SaaS ne couvre qu’à moitié.

Abonnement ou sur-mesure : le comparatif

Critère CRM par abonnement Logiciel métier sur mesure
Délai de mise en route Quelques jours 2 à 4 mois pour une première version
Coût d’entrée Faible (0 à quelques centaines d’euros) Élevé (à partir de quelques milliers d’euros)
Coût récurrent Par utilisateur, croissant avec l’équipe Hébergement et maintenance, indépendants du nombre d’utilisateurs
Adaptation au métier Par configuration, dans les limites de l’outil Totale, l’outil est construit sur le processus
Évolutions Selon la feuille de route de l’éditeur Selon vos priorités, facturées au temps passé
Propriété des données Exportables, format imposé Chez vous, dans votre base
Dépendance Hausse des tarifs, disparition d’une fonctionnalité, arrêt du service Dépendance au prestataire, à encadrer par contrat
Utilisateurs Coût linéaire Illimités
Formation Interface générique à apprendre Interface qui reprend le vocabulaire de l’entreprise

Le calcul sur cinq ans

Un exemple de calcul, avec des hypothèses à adapter. Une entreprise de huit personnes, dont six utilisent l’outil au quotidien.

Abonnement. Six licences à 45 € par mois pour le niveau qui inclut les automatisations : 3 240 € par an. Un module complémentaire pour le planning : 600 € par an. Deux jours de paramétrage par un consultant au départ : 1 200 €. Total sur cinq ans : environ 20 400 €, en supposant que les tarifs n’augmentent pas.

Sur mesure. Une première version couvrant les contacts, les dossiers avec leur processus propre, le planning et les automatisations : 20 à 25 jours de développement et 5 jours de cadrage et de recette. À nos tarifs (600 € HT par jour de développement, 400 € HT par jour de gestion de projet), cela représente 14 000 à 17 000 € HT. Hébergement et maintenance : 40 € HT par mois, soit 2 400 € sur cinq ans. Une enveloppe d’évolutions de 5 jours par an à partir de la deuxième année : 12 000 €. Total sur cinq ans : 28 000 à 31 000 € HT.

Sur ce cas, le sur-mesure coûte plus cher sur cinq ans, et c’est normal : il fait plus. La question devient ce que valent les heures de ressaisie évitées, les erreurs supprimées, et la capacité à faire évoluer l’outil avec le métier. Pour beaucoup de TPE à six utilisateurs, ce n’est pas encore rentable. À douze utilisateurs, ou avec deux outils supplémentaires à remplacer, le calcul s’inverse. Le tableau se fait en une heure, et il vaut mieux le faire avant de choisir.

Les précautions du sur-mesure

Un logiciel sur mesure réussi respecte quelques règles.

  • Commencer petit. Une première version qui remplace le fichier Excel et un outil, pas tout le système d’information. Les besoins réels apparaissent à l’usage.
  • Rester propriétaire. Code source, base de données, hébergement : le contrat doit prévoir que tout vous appartient et que vous pouvez changer de prestataire.
  • Prévoir la maintenance. Un logiciel vit : mises à jour de sécurité, évolutions du navigateur, sauvegardes. Ce coût se budgète dès le départ.
  • Choisir des technologies courantes. Un outil construit sur un socle répandu se reprend par un autre développeur. Un outil sur une technologie confidentielle, non.
  • Impliquer les utilisateurs. Ceux qui saisiront les données chaque jour doivent voir les maquettes et tester la première version. Les 10 signes qu’il est temps de créer votre propre outil métier donnent la liste des points à vérifier avant de lancer.

Ce qu’il faut retenir

Un CRM par abonnement suffit tant que le besoin est standard et l’équipe petite. Le sur-mesure devient pertinent quand le métier ne rentre pas dans les cases, quand les données se dispersent dans plusieurs outils, ou quand le coût des licences rejoint celui d’un développement. Faites le calcul sur cinq ans, avec les heures de ressaisie dans la balance, et décidez sur ce chiffre.

Vous hésitez pour votre entreprise ? Nous faisons ce calcul avec vous, sans engagement, à partir de vos outils actuels et de votre processus. C’est le point de départ de nos projets de développement d’application web sur mesure. Décrivez-nous votre situation et nous vous disons si le sur-mesure se justifie, ou pas.

Thématiques

  • #CRM pour TPE
  • #Logiciel métier
  • #Application sur mesure
  • #SaaS
  • #Automatisation

Testez vos connaissances

Quelques questions pour ancrer l'essentiel de l'article. Prenez deux minutes, vérifiez ce qui est resté et repartez avec les idées plus claires.

01 Dans quel cas un CRM par abonnement suffit-il ?
02 Quel est le signal le plus fréquent qui fait basculer vers le sur-mesure ?
03 Comment évolue le coût récurrent d'un logiciel sur mesure avec la taille de l'équipe ?
04 Sur l'exemple à six utilisateurs, que conclut le calcul sur cinq ans ?
05 Quelle précaution prendre avec un logiciel sur mesure ?

Sur le même sujet