Un cahier des charges de site internet tient en dix rubriques : le contexte de l’entreprise, les objectifs chiffrés, les cibles, l’arborescence, les fonctionnalités, les contenus et qui les produit, le design et l’identité, les exigences techniques et SEO, le budget, le planning avec les responsabilités. Cinq à dix pages suffisent. Ce document sert à obtenir des devis comparables, à fixer ce qui est inclus, et à trancher les désaccords en cours de projet. Sans lui, chaque prestataire devine, et le devis le moins cher est celui qui a le moins deviné.
À quoi sert un cahier des charges de site internet
Trois usages concrets.
Obtenir des devis comparables. Trois agences qui reçoivent le même document chiffrent le même périmètre. Sans document, l’une compte la rédaction, l’autre non, la troisième prévoit un gabarit là où vous imaginiez une maquette dédiée. Vous comparez alors des prix qui ne décrivent pas la même chose, comme nous l’expliquons dans combien coûte un site internet en 2026.
Fixer le périmètre. Ce qui est écrit est dû. Ce qui n’est pas écrit se négocie, souvent mal, au moment où le site devait être livré.
Servir de référence pendant le projet. Quand un désaccord surgit sur une fonctionnalité, on ouvre le cahier des charges. Il a valeur contractuelle s’il est annexé au devis signé.
Un cahier des charges n’est pas une spécification technique. Vous décrivez le besoin et les contraintes ; le prestataire propose la solution. Écrire « site sous WordPress avec le thème X » avant d’avoir consulté ferme des options qui pouvaient être meilleures.
Le modèle en 10 rubriques
1. L’entreprise et le contexte
Une demi-page : activité, taille, zone de chalandise, positionnement, concurrents principaux avec leurs sites. Indiquez s’il s’agit d’une création ou d’une refonte, et dans ce cas ce qui ne fonctionne pas sur le site actuel (trafic, conversion, image, technique).
2. Les objectifs
Un site sert à quelque chose de précis. Formulez deux ou trois objectifs mesurables : « obtenir 15 demandes de devis par mois d’ici un an », « vendre en ligne 10 % du chiffre d’affaires », « réduire les appels pour des questions déjà répondues sur le site ». Les objectifs orientent chaque choix ultérieur, du nombre de pages aux appels à l’action.
3. Les cibles
Qui visite le site et pourquoi. Un particulier qui cherche un artisan en urgence, un acheteur d’entreprise qui compare des fournisseurs, un patient qui veut prendre rendez-vous. Deux ou trois profils avec leur question principale et leur appareil (le mobile domine dans la plupart des activités locales).
4. L’arborescence
La liste des pages, hiérarchisée. C’est la rubrique qui fait le plus varier un devis, et la plus facile à écrire.
| Niveau 1 | Niveau 2 | Contenu attendu |
|---|---|---|
| Accueil | Promesse, prestations, preuves, appel à l’action | |
| Prestations | Une page par prestation (4) | Description, bénéfices, photos, tarif indicatif |
| Réalisations | Une page par projet (6 au départ) | Photos avant-après, contexte, témoignage |
| À propos | Équipe, histoire, valeurs, certifications | |
| Blog | Articles | Un article par mois, rédigé par nous |
| Contact | Formulaire, téléphone, carte, horaires | |
| Pages légales | Mentions légales, confidentialité | Fournies par le prestataire |
Pour structurer une arborescence plus large, notre guide sur l’arborescence d’un site institutionnel donne la méthode.
5. Les fonctionnalités
Séparez l’indispensable de l’optionnel. Le prestataire chiffre le premier et propose une option pour le second.
| Fonctionnalité | Indispensable | Optionnel | Précision |
|---|---|---|---|
| Formulaire de contact avec pièce jointe | x | Notification par mail, copie au client | |
| Prise de rendez-vous en ligne | x | Synchronisée avec l’agenda actuel | |
| Espace client | x | Consultation des factures | |
| Multilingue | x | Anglais, à prévoir dans un an | |
| Newsletter | x | Connexion à l’outil déjà utilisé | |
| Avis Google affichés sur le site | x | Mise à jour automatique |
6. Les contenus
Qui écrit les textes, qui fournit les photos, sous quel délai. C’est le point qui retarde la majorité des projets. Si vous fournissez les textes, engagez-vous sur une date. Si le prestataire les rédige, indiquez le nombre de pages et la matière que vous transmettrez (plaquettes, anciens textes, interviews). Même logique pour les photos : shooting à prévoir, banque d’images, ou photos existantes avec leur qualité réelle.
7. Le design et l’identité
Charte graphique existante ou à créer, logo en vectoriel disponible ou non. Trois sites que vous aimez, avec ce que vous y aimez précisément (la sobriété, les photos plein écran, la navigation). Trois sites que vous n’aimez pas, avec la raison. Ces six références disent plus qu’une page d’adjectifs.
8. Les exigences techniques et le référencement
Sans imposer la solution, listez les contraintes :
- Propriété du nom de domaine, du site et des contenus : à votre nom.
- Hébergement : en France ou en Europe, avec sauvegardes.
- Vitesse : score de performance mesurable, temps de chargement mobile.
- Accessibilité : niveau attendu, en particulier si vous relevez d’une obligation légale.
- Référencement : reprise des URL existantes en cas de refonte (plan de redirections), balises, données structurées, connexion à la Search Console.
- Conformité : mentions légales, politique de confidentialité, gestion des cookies, formulaires conformes au RGPD.
- Autonomie : ce que vous devez pouvoir modifier seul après formation.
Si vous refondez un site, le plan de redirections n’est pas une option. Un site refondu sans lui perd ses positions en quelques semaines.
9. Le budget
Donnez une fourchette. Beaucoup de clients hésitent, par peur que le prestataire s’aligne sur le haut. En réalité, sans budget, il propose ce qu’il imagine, souvent trop ou trop peu. Une fourchette permet de dimensionner le projet : à 4 000 €, on ne fait pas la même chose qu’à 12 000 €, et il vaut mieux le savoir avant les maquettes. Distinguez le budget de création et le budget annuel de fonctionnement.
10. Le planning et les responsabilités
Date de mise en ligne souhaitée, et ce qui la contraint (salon, saison, ouverture). Les étapes attendues : maquettes, validation, développement, intégration des contenus, recette, formation, mise en ligne. Pour chaque étape, qui valide et sous quel délai. Un prestataire qui attend deux semaines la validation d’une maquette ne peut pas tenir la date.
Les erreurs classiques d’un cahier des charges
- Décrire la solution au lieu du besoin. « Un carrousel en page d’accueil » est une solution. « Montrer nos trois prestations principales dès l’arrivée » est un besoin, et un carrousel est rarement la meilleure réponse.
- Tout mettre en indispensable. Un cahier des charges sans option ne laisse aucune marge d’arbitrage sur le budget.
- Oublier les contenus. Le site est prêt, les textes ne le sont pas, la mise en ligne glisse de trois mois.
- Ne pas parler des sites existants. Nom de domaine, adresses mail, anciennes pages indexées : tout cela conditionne la refonte.
- Ne pas relire avec un regard extérieur. Un collaborateur qui n’a pas participé doit comprendre le document seul. Sinon le prestataire ne le comprendra pas non plus.
Les erreurs courantes à éviter lors de la création d’un site vitrine complètent cette liste côté réalisation.
Combien de temps y consacrer
Une demi-journée pour un site vitrine, une à deux journées pour une boutique ou un site avec des fonctionnalités métier. C’est un investissement rentable : chaque heure passée à préciser le besoin évite plusieurs heures de reprise en cours de projet, et les reprises sont facturées.
Si vous manquez de temps, une agence peut rédiger le cahier des charges avec vous lors d’un atelier de cadrage, puis chiffrer sur cette base. C’est ainsi que nous démarrons la plupart de nos projets de création de site internet : deux heures d’échange, un document partagé, un devis qui décrit chaque poste.
Vous avez un projet et un début de cahier des charges ? Envoyez-le nous, nous vous disons ce qui manque avant de chiffrer.
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